Palma 2026, Victoire de Amandine Gomez

Amandine et ses 2 gros corbs
L’année 2026 est placée sous le signe du mauvais temps, et c’est un peu partout le cas, avec des inondations, des tempêtes… Et la semaine du master de Palma n’a pas été épargnée, entre 3 et 6 m de houle toute la semaine sur le sud de l’île. En conséquence, les zones de repli, à 60 km dans le nord de l’île, ont été choisies, et c’étaient bien les seules praticables. Nos représentants français pour le master, Amandine Gomez accompagnée d’Alfredo Guerra Diaz, Guillaume Eugène accompagné de Marc Foyer et Stéphane Buisson, et Mike Fourreau accompagné d’une armée (JD Aiello, Romain Moreau, Stéphane Passonlughi, Stéphane Cube) ont donc découvert la baie de Pollença.
La découverte d’une zone grande en plein hiver dans le mauvais temps n’est pas facile : les locaux ont un avantage avec la connaissance du terrain, et le temps, avec pluie, vent fort et belles vagues, a rendu la tâche encore plus compliquée.

Présentation des participants au Master, avec quelques champions du monde
Nos 3 représentants, dont 2 de la ligue Occitanie (Guillaume et Amandine), ont tout de même trouvé quelques poissons : sur le bord, il y a pas mal de labres et de sars ; pour compléter, Amandine misera sur une rague à gros corbs et une autre plus profonde avec de nombreux sars ; Mike a trouvé un mérou sur 28 m et une frayère à loups ; et Guillaume a préparé un parcours au bord, et un autre profond sur les chapons, dentis, corbs (aucun mérou trouvé au repérage : la baie de Pollença est bien plus pauvre que celle de Palma au final).
Le jour du championnat, le vent est très fort, alerte orange, et cette alerte orange va retarder le départ de 1 h et écourter le master à seulement 4 h de compétition. Pour le lendemain, c’est alerte rouge, et la coupe des nations et l’open seront annulés, avec tristesse car de nombreuses nations étaient là et nos Français étaient très motivés. Il n’y aura que le master pour nos 3 représentants.
Amandine s’impose avec une belle pêche dont 2 gros corbs, les 2 plus gros poissons du championnat (hommes et femmes confondus), un immense bravo à toi, Amandine ! La ligue Occitanie est fière de toi et on est sûr que c’est le début de ta suprématie à Palma.

Amandine, sur la plus haute marche du podium

Classement féminin
Côté masculin, Guillaume termine 5e avec énormément de regrets car le manque de réussite le prive du podium ou même de la victoire, et Mike 7e avec aussi des regrets car il a perdu des poissons et aurait pu faire une bien meilleure place.
Le master est remporté par Juan Campins, un redoutable chasseur de l’île, souvent vainqueur de l’open de Palma ; et il est suivi de Julen Perez, un jeune prometteur de l’île, et de Raul Astorga (pour un énième podium au master).

Le podium Masculin

Le classement Masculin
CR de Amandine Gomez (Vainqueur du Master)
Un petit compte rendu de fin de compétition. Cette année, je suis partie avec Alfredo Guerra, j’attendais cette compétition depuis l’année dernière avec beaucoup d’envies. Nous partons avant tout le monde afin de bien nous préparer et nous rentrons après tout le monde afin de bien nous reposer. Premier jour sur place : grosse tempête, difficile de trouver un port pour mettre le bateau à l’eau, on décide de se reposer et de bien se préparer pour la seconde journée. Jour 2 : on fait une belle journée de repérage sur la Demi, zone annoncée de la baie de Pollenca. Visibilité variable entre 2 et 4 m. Pas facile pour repérer dans ces conditions, peu de poissons, mais on s’accroche, après tout ce n’est que le premier jour de repérage. Jour 3 : on arrive au bateau et le bateau n’est plus accroché à la bouée où on l’avait laissé. Il n’y avait que peu de vent annoncé et pourtant cela a suffi à emporter le bateau sur la plage. Nous aurons mis plus de trois heures à deux à réussir à le sortir. Quelques dégâts mais rien de grave. Cela nous empêche de repérer sur cette journée. Jour 4 : le moral est un peu à la baisse avec cette météo très compliquée, mais nous apprenons que la zone est agrandie à toute la baie, cela change totalement notre repérage et nous demandera deux fois plus de travail. L’avantage est que la zone de gauche qui vient d’être ouverte est plus claire que l’autre. Jour 5 : on a une belle organisation de repérage avec Alfredo, on essaye de se relayer afin de ne pas trop se fatiguer. Nous partons les premiers le matin et nous rentrons les derniers le soir. Des journées entre 8 et 12 heures de repérage. Jour 6 : la dernière journée de repérage est toujours la plus belle, la plus prolifique, on check le parcours et sur le peu de temps qu’il nous reste on continue à chercher. Sur une des dernières apnées, avant de rentrer, je pose Alfredo sur une vingtaine de mètres et surprise, sur cette patate de coralligène, un banc de sars énormes sera là. Jour 7 : ça y est, on y est, c’est le grand départ. La compétition doit se lancer à 8 h 30. Nous sommes sur place à 7 h 30, nous nous rendons au port de Maldent mais le vent est très fort, ça annonce une journée très compliquée. Arrivés au port à 20 minutes du début de la compétition, le sondeur nous lâche. Heureusement, à cause des conditions, la compétition est reportée à 10 h et ne durera que 4 heures au lieu de 5. Merci capitaine Buisson d’avoir pris le temps de m’aider à refaire fonctionner le sondeur. Ça y est, il est 10 heures, top départ, on met les gaz sur notre premier point, il n’y a personne sur la pierre mais malheureusement je lâche un tir qui n’atteindra pas le poisson. La compétition commence plutôt pas mal. Ce n’est pas grave, on fonce sur la seconde zone qui est une zone à labridés. À peine dans l’eau, je tire une saupe qui sera non valable à 285 g au lieu de 300 g. Je trouve un premier labre que je monte sur le bateau assez rapidement, au lieu de faire du point à point je décide de palmer pour essayer d’en trouver d’autres. Malheureusement, je me ferai avoir par une lasagne et un autre labre. On décide de repartir sur la première zone qui est une magnifique pierre à corbs. J’en tire un premier assez rapidement au 95 dans une pierre très difficile qui fera 1 kg 345, il sera le plus gros poisson de la compétition hommes/femmes. Je passe dans le second trou où je ne vois que les nageoires et le ventre des corbs, je décide d’envoyer le fusil sans rien y voir et de lâcher un tir à l’aveugle. La flèche se pose, je tire mon fil, je vois que rien ne bouge, je les ai ratés mais ça c’était prévu, et finalement quand j’attrape la flèche j’ai tiré un corb de 730 g dans la bouche, ce qui l’a immobilisé. Je retourne dans la première pierre où, après quelques tentatives, j’arrive enfin à lâcher un tir, ma flèche se bloque, impossible de la récupérer, j’essaye de tirer comme je peux et finalement je remonte un poisson de 1 kg 230. On décide de changer de zone car je n’arrive plus à prendre d’autres poissons. Malheureusement, sans réussite, on aura quelques péripéties où le sondeur s’éteint, mes sinus ne passent plus. La compétition ne durant que quatre heures, j’avais déjà épuisé 2 h 30, il fallait changer de stratégie immédiatement. On décide de prendre le large et de partir de l’autre côté de la baie, 20 minutes de navigation, on croise les doigts pour que ce soit le bon choix ; sur le chemin, la bande de ragréage du bateau s’arrache, ce qui nous freine énormément. Arrivés là-bas, on va sur un point où Alfredo avait vu un congre au début du repérage, malheureusement le dernier jour il n’y était plus, mais on décide d’y aller quand même. Sur place, belle surprise, il est là ; dans l’eau trouble, ce qui ne me facilite pas la tâche pour le tirer, mais je finis par le remonter avec trois flèches. Cela fera un beau poisson de presque 3 kg. Puis c’est le moment de partir sur la pierre à sars, mais à mon grand regret mes sinus ne passent plus du tout, j’essaye de faire plusieurs essais mais rien n’y fait, il faut de nouveau changer de stratégie. Je décide de faire toutes mes pierres à sars au rebord sans succès. Nous retournons à la pierre à corb, mais il m’est impossible d’en faire un quatrième. C’est presque la fin, il faut retourner très rapidement au port de départ. Fin de compétition, je finis avec cinq poissons et trois ouvertures d’espèces. Nous sortons de l’eau, on commence à se rendre à l’hôtel pour se préparer pour la pesée et là un appel du capitaine qui me dit que nos remorques ont disparu… un bon moment de panique pour au final apprendre qu’elles sont à la fourrière… bref, je ne m’étalerai pas sur les détails… Nous étions cinq filles et le verdict tombe : je finis sur la première marche. Je gagne le championnat du Master de Palma, après trois ans de tentatives, une compétition qui me tenait très à cœur. Un grand bravo à tous les participants et aux organisateurs, mais surtout à Victoria Truyols et Maria Fanito pour leur podium et à Lidija Vukic pour sa participation. Un grand merci à toute l’équipe : Marc Foyer, Stéphane Buisson, Guillaume Eugène, Mike Fourreau… mais surtout un grand merci Alfredo pour ton soutien et ton apport lors de cette compétition. Merci Denty et Stéphane Dudon de toujours me soutenir, et mon club le Harpon Club Agathois. Bravo Guillaume pour ta constance, cinquième dans ce championnat avec un niveau pareil, c’est incroyable. Encore une belle victoire pour la FFPSA Actualités et une encore plus belle pour la France.

Amandine avec le podium féminin et la légende Amengual
CR de Guillaume Eugène (5ième)
Tout d’abord, je tiens à remercier chaleureusement mon sponsor Pathos, ma fédération FFPSA.
Et surtout, en premier lieu, mes compagnons pour cette année, Marc Foyer et Stéphane Buisson : vous avez été au top, mille fois merci. Je garde le côté personnel pour nous…
Je félicite Mike pour avoir réussi à amener autant de ses potes dans l’aventure, bravo pour ta première manche internationale et pour l’animation du vendredi soir.
Et enfin, bravo à notre championne, Amandine, magistrale ; à mon avis, il va y avoir quelques années de suprématie au master de Palma.
Bravo à Juan Campins pour sa victoire, à Julen Perez pour sa belle seconde place, bien secondé par mon lamentin favori Valentin Galiero. Et un énième podium pour Raul à Palma. Bravo à vous, et à tous les participants qui ont su affronté les conditions hivernales difficiles.
Pour ma part, je finis 5ième. J’étais dans le coup pour gagner, mais je n’ai pas eu de réussite ; c’est la pêche, c’est difficile, surtout en hiver, profond, d’autres ont perdu du poisson aussi ; mais c’est un sentiment difficile de passer à côté du podium ou de la victoire.
Compétition écourtée à 4 h, je débute à gauche, au bord, je prends mes premiers poissons assez régulièrement sur les pierres repérées, il y a du poisson. Mais pas de sars de ce côté-là ; le seul vu, je le tire par un trou minuscule, par la queue, et le décroche en le sortant. Le fusil n’était pas adapté.
Sur la fin du parcours du bord, avec 8 poissons valables, je tire une mostelle, elle passe sur le fil et la flèche s’enrague. Je me bats pour la décrocher et, malheureusement, la mostelle se décroche sur le fil… Je suis bien dégoûté car, avec ces deux poissons perdus au bord, j’aurais été 3ième.
Je pars au large, sur 38 m, je descends avec un 90 au premier cran, sur une patate compliquée avec des sars au repérage. À la descente, je vois un denti de 4 kg immobile, je coule vers lui ; arrivé à 6 ou 7 m, il décolle, tourne, je vise et lâche le tir là où je veux, dans le dernier tiers bien mou, mais la flèche ne tiendra que quelques secondes : manque de puissance, poisson pas traversé…
J’enchaîne alors les descentes sur des coins à sars, chapons, mostelles, mais vides… Sur un poste à dentis à 46 m, je me trompe à la descente, je pars sur la patate de gauche avant de revenir sur la droite, là où le poste est meilleur ; je vois alors un gros saint-pierre, il démarre, je le suis et tente un tir dans l’axe, complètement de derrière : je le rate… Et je vois qu’un autre est là, immobile. Je remonte et redescends pour constater que, malheureusement, ils ne sont plus là… Le tir était dur, mais c’est dur.
Il me reste une dernière apnée, avec le raccourcissement de la compétition ; je tente le coup sur un coin joker où il y avait un peu de tout la veille… Mais la patate semble vide, rien ne nage… Et au final, je vois un mérou de 4 ou 5 kg ; il sort et rentre doucement dans la patate, à trou, je ne vois que la queue, impossible de tenter le tir.
Fin de compétition. Je finis 5ième. J’étais dans le coup pour gagner, mais je n’ai pas eu de réussite ; c’est la pêche, c’est difficile, surtout en hiver, profond, d’autres ont perdu du poisson aussi ; mais c’est un sentiment difficile de passer à côté du podium ou de la victoire.

Guillaume et Stéphane au départ, avec le vent
Mike Fourreau (7ième)
Une semaine de repérage qui commence mal avec du vent annoncé tous les jours. Forcément, après deux jours de tempête, la zone de repli au nord, à une heure de route, sera validée. Après une belle semaine de repérage avec une équipe d’amis génialissime, j’ai sur mon parcours trois mérous valables, deux grosses pierres à corb, le quota de sars quasi assuré, de beaux chapons valables et une belle frayère à loups trouvée lors de la dernière apnée du dernier jour de repérage, avec une belle femelle de 2,5 kg voire plus… Le jour J, vu la tempête en cours, je me doute que mon parcours de repérage initial ne sera plus le même. Je laisse tomber les mérous dès le départ pour me consacrer aux sars au bord ; après six sars, deux chapons et une lasagne en trente minutes, je fonce confiant sur les mérous et les corbs et là, plus aucun poisson dans aucune pierre. Je repartirai au bord pour essayer de finir les quotas ; je ferai les dix sars mais deux non valables, c’est le jeu. Content d’avoir affronté des grands noms de la CSM qui m’ont toujours fait rêver petit par leurs récits dans Apnea, cette septième place m’a donné encore plus de motivation pour la suite ; j’espère pouvoir prendre ma revanche à l’international rapidement…

Mike avec chapon et lasagne