La France, troisième du mondial
Le dernier mondial vient de se dérouler dans les eaux de São Francisco do Sul au Brésil, et 4 représentants d’Occitanie étaient présents. Du côté des féminines, Amandine Gomez avait de grandes ambitions et se présentait en tant que championne d’Europe, mais au final, sur un championnat très dur, avec des eaux extrêmement sales et très peu de poissons, le manque de réussite la place 11ᵉ. Cela reste un bon résultat.

La délégation Française au complet avec Eric Géraut (président FFPSA), Quentin Roustan (titulaire), Mathieu Gonzalez (remplaçant), Achilles Petit (pilote), Aurélien Bouzon (titulaire), Marceau Roustan (pilote), Stephan Foppolo (titulaire), Carl Hernandez (aide), Amandine Gomez (titulaire), Stéphane Dudon (pilote)
Du côté du championnat masculin, l’équipe de titulaires était composée de Stephan Foppolo, Aurélien Bouzon et Quentin Roustan (Provence), le remplaçant étant Mathieu Gonzalez, ce qui correspond à 3 représentants Occitanie sur 4 !
Le premier jour, Aurélien a gagné la manche, et la France était au premier rang par équipe avec Stephan dixième. Ce fut un résultat extraordinaire, et voir la France sur le plus haut rang est une sacrée consécration pour ce retour au plus haut niveau.

Classement du jour 1
La seconde journée, on a longtemps cru à la victoire par équipe et à la victoire finale de Stephan, car il a présenté une pêche fabuleuse, mais, au final, il a 3 poissons non valables, et il termine quatrième du général, à quelques points du Graal. C’est une superbe place, bravo à lui.
Aurélien conserve une place dans le top 10 ; la journée ne lui a pas réussi (voir ci-dessous), mais on se souviendra longtemps de sa première manche victorieuse !

Dell Lamartinière et Tania Orth, les deux grands champions du monde! Bravo à eux, Bravo à Tahiti

Classement Final Féminin
Et enfin, Quentin s’accroche sur les 2 journées, pour une 25ᵉ place, qui permet à l’équipe de France d’obtenir la troisième place mondiale. C’est fabuleux. Bravo à toute l’équipe.

Classement Final Masculin
Le titre par nation revient à l’Espagne, bravo à eux ; ils sont suivis par Tahiti et donc par la France !

La France sur le podium (avec Eric Géraut notre président)
Le titre mondial est obtenu par Dell Lamartinière, de Tahiti, une très grande victoire, bravo. Sur le podium, il est suivi par Giacomo De Mola et…

Classement par équipe
Laissons la parole à nos représentants:
Amandine (11ième du classement féminin):
Les conditions de mer, très aléatoires et particulièrement difficiles, ont rendu ce championnat exigeant autant physiquement que mentalement. Nous avons pu repérer 13 jours sans finalement pouvoir exploiter quoi que ce soit de notre repérage. J’ai décroché une 11ᵉ place sur 22 participantes. Malgré tout, cette expérience restera une véritable leçon de vie : j’y ai rencontré des personnes formidables, 20 nations différentes, toutes animées par la même passion. J’ai désormais hâte de participer à la prochaine rencontre pour donner le meilleur de moi-même et continuer à progresser.
Je remercie toutes les personnes qui m’ont supportée et soutenue afin de participer à cette compétition, merci à l’équipe de France et à mes coéquipiers pour le partage de leurs connaissances et leur bienveillance.

Stéphan et Amandine, la bonne humeur au départ de la journée
Stéphan (Quatrième et médaille de bronze par équipe):
Après 21 jours sur place à repérer dans toutes les conditions de temps et de couleur d’eau, où, avec Mathieu Gonzalez comme pilote et remplaçant (comme à Laredo en 2023), on a mis un point d’honneur à toujours trouver du poisson valable, même dans l’eau infecte chaque jour.
J1 :
Après un départ un peu flou où tout le monde est parti sans trop être sûr que c’était vraiment commencé, on arrive sur la première pierre et là, l’eau est littéralement boueuse avec aucune visibilité… On change de point sur des pierres plus profondes mais l’eau est noire au ras des roches et, au-dessus, bien que claire, rien de valable ne nage. Je décide donc de lâcher les repères et de pêcher en avançant lentement un peu plus bas sur les éboulis, alors que la majorité des chasseurs longe complètement les bordures. J’arrive à prendre un thazard modeste, une grosse saupe brésilienne et un robalos de près d’un kilo. On change de coin et là aussi c’est la nuit… En levant la tête, on voit qu’un grand nombre de bateaux est réuni au milieu de la zone, signe que l’eau doit y être plus belle (et ce n’était pas dur…). On s’y rend donc et effectivement, il y a deux bons mètres de visibilité. Je fouille scrupuleusement chaque faille, chaque trou, mais rien… Je décide de glisser vers le bord dans la houle où j’avais vu des cuvettes un peu à l’abri des gros paquets de mer. Je m’y rends, descends et, dans un tunnel avec un contre-jour, je vois un gros poisson tout noir que je prends pour un poisson-ange, complètement interdit, et ne le fixe donc pas. Cependant, lorsque la houle me prend, en plus de me décoller de mon poste, elle tire le poisson dans la lumière et là je vois qu’en fait c’est un gros platax, mais déjà je ne peux plus que lâcher un tir désespéré qui touchera le poisson ; je le décrocherai, non sans l’entendre se taper partout dans le tunnel pendant que la houle me fait valser dans tous les sens contre les blocs. Bref, après le rodéo, je ne trouverai pas le poisson… Je termine donc avec 3 poissons valables et la 10ᵉ place du jour. Pas mal, mais pouvais mieux faire.
La vraie belle surprise, c’est Aurélien Bouzon qui gagne la première journée avec 5 beaux poissons, ce qui nous place en plus très bien en équipe puisque nous sommes premiers également ce jour-là. Demain il faut maintenir le cap !!!
J2 :
On démarre sur de gros blocs abritant une belle famille de gros sargos de beixo. Je suis seul sur la pierre, c’est déjà beau ! Mais lors de la descente, l’eau, bien que pêchable, est très sombre avec 1,5 m de visibilité. Largement suffisant à l’agachon, mais ces sacrés poissons sont calés et rien ne sort. De plus, quand je me présente devant les ouvertures, ils claquent comme des fous sans jamais me laisser une demi-seconde pour les tirer. J’abandonne donc le coin après 20 minutes à me faire claquer au visage à chaque apnée.
On se déplace sur des blocs très hauts qui remontent à 4 m et là c’est pareil : 1,5 m de visi et des sargos fous… J’ai même, dès la première apnée, un sargo de dente calé sous mon coude dans une faille que je ne pourrai pas aligner tant c’est sombre. J’arrive tout de même à épingler mon premier poisson, un robalo peva valable.
C’est l’étale de marée haute et, sans courant et avec la houle, l’eau se salit ; j’opte donc pour la bordure de l’île contre laquelle nous sommes. J’y avais repéré des zones de sable clair avec des blocs ronds qui tenaient platax, gallo papels et saupes de belles tailles, toujours en contrebas de la bordure des roches. Je fais trois indiennes et tire mon platax, trois de plus et une salema limite est prise, puis une autre, et deux gallo papels de près du kilo. En 40 minutes je fais 5 poissons de plus : ça va mieux.
On décide alors de repasser sur le premier poste à sargo de beixo puisque le courant s’est levé ; ce sera peut-être le bon moment. J’y descends encore tout seul mais les poissons se moquent à nouveau de moi… J’en vois un dans un tunnel avec contre-jour qui claque dès qu’il me voit et sort de la pierre… pour s’y replacer à chaque fois. Je décide de bien me calmer en surface, je descends à deux à l’heure et glisse contre le bloc menant au tunnel. Je vois ce satané poisson qui, malgré mon approche de sioux, prend déjà la poudre d’escampette… Je lâche un tir réflexe et touche le poisson, déjà hors du trou, en plein museau. Celui-ci met de grands coups de tête pour se libérer. Du coup, ni une ni deux, je traverse le tunnel, juste assez grand, et saute sur le poisson qui accusera 2,7 kg à la pesée. Ouf !!!
Xavi Blanco est juste à côté de moi et je décide de lui tourner autour. Je prends ainsi une belle salema bien maillée et un robalo de plus.
Il reste 1 h 45 et on décide de monter sur les îles plus au large, sur des remontées à sargos de dente (tambours). Sur place également, personne n’est sur le premier poste. On balise et je descends sur le tas de blocs. À peine posé, une quinzaine de dente, pas très gros, me montent. J’en prends un (ils ont tous la même taille) mais je vois bien que c’est trop juste. Je redescends et là il y a maintenant 4 m de visibilité. Je me sens un peu juste avec mon 65 trident. Un dente passe alors. Il doit faire deux bons kilos. Je tire et le touche plein corps mais, ne l’ayant pas traversé, il entame un vrai rodéo pour se libérer de la flèche. J’essaie de l’attraper mais il se décroche. Je tente malgré tout de le pousser à se mettre à trou mais, 30 m plus loin, il filera, me laissant pas très en forme. L’apnée d’après, il n’y a plus qu’1 m sale de visibilité…
On change de coin pour un coin à saupes et pélagiques, mais l’eau est brouillée avec beaucoup de monde autour. Pas bon.
On décide alors, pour la dernière demi-heure, de redescendre sur la zone du début. Je prends un tout dernier robalo qui n’est pas très gros et c’est fini.
On présentera donc 11 poissons : 3 robalos, 1 sargo de beixo, 1 sargo de dente, 3 salemas, 2 gallo papels et 1 platax. On sait, au vu des autres pêches, qu’on est dans les très bonnes pêches du jour. À la fin de la pesée, 7 poissons passeront, avec une salema non valide pour 5 g et un robalo à 20 g. Quelques écailles pour un podium qui s’envole.
Je termine 4ᵉ du général, bien évidemment super content mais vraiment à rien d’un podium.
Reste le classement nation. Aurélien et Quentin ont un peu marqué le pas avec des poissons limites. On flippe du classement par équipe. Finalement, on explose de joie car on est 3ᵉ, devant l’équipe d’Italie !!! Nous voulions tous faire un résultat nation, car l’équipe était notre priorité, et on y est !!! Enfin !!!
Je remercie Mathieu Gonzalez pour le temps passé à repérer dans toutes les conditions possibles, sans jamais rechigner et toujours positif (et aussi pour ses superbes photos). Merci à Stéphane Dudon pour ses images et ses commentaires pertinents. Merci à notre président Eric Géraud de nous avoir suivis sur place et soutenus chaque jour, et à tous ceux qui œuvrent dans l’ombre pour que tout ceci soit possible.
Grand merci à Amandine, Aurélien et Quentin, Achille, Carl et Marceau, qui ont su chacun, à leur manière, insuffler à cette équipe ce qu’il fallait pour arriver là où elle est.
Et enfin, un grand merci à toute l’équipe de Sigalsub, notamment Simone et Emiliano, pour leur soutien sans faille et leur matériel beau et performant.
Merci aussi à Union Matériaux, qui s’est prêté au jeu en m’aidant et en me soutenant pour la préparation de ce championnat du monde, en plus de me soutenir chaque jour au travers de mon boulot.

Mathieu et Achilles, heureux du podium des nations
Aurélien (dixième et médaille de bronze par équipe):
Le Championnat du Monde de chasse sous-marine 2025, organisé au Brésil, s’est déroulé dans des conditions particulièrement exigeantes, mêlant houle, courant, visibilité quasi nulle et météo instable. J’y représentais la France avec l’objectif de réaliser une performance solide face aux meilleurs athlètes internationaux.
J’ai réalisé le repérage en binôme avec Achille Petit, dont l’implication et les observations ont été essentielles pour aborder la compétition avec une stratégie cohérente. Nous avons aussi pu compter sur le soutien précieux de Denty Spearfishing et JFE, qui nous ont accompagnés matériellement.
La phase de repérage a cependant été particulièrement chaotique :
- plusieurs pannes de bateaux,
- un cyclone,
- des pluies diluviennes,
- une houle rendant de nombreuses zones dangereuses ou totalement impraticables.
De plus, même si la zone semblait immense sur le papier, la réalité était tout autre : seules quelques poches étaient réellement pêchables, et toutes les équipes les avaient identifiées, rendant le repérage moins discriminant que prévu.
Première journée
Compte tenu de la houle et de la visibilité presque nulle, j’avais choisi de miser sur les thazards. Une pierre précise constituait l’élément clé de mon début de manche. Malheureusement, je n’arrive pas le premier sur la zone et, en raison du règlement, je ne peux pas m’approcher davantage.
Je parviens malgré tout à griffer un thazard, mais en raison de la turbidité, impossible de retrouver la pierre ensuite. Je change de cap et pars au bord pour tenter un beico, où je croise Steph, lui aussi en difficulté. Les vagues trop puissantes m’empêchent de pêcher correctement, et je dois abandonner cette option.
Je retourne alors sur mon point de départ et décide de tenir la zone pendant près de cinq heures, misant sur la patience et l’observation. Ce choix se révèle payant : je capture un thazard.
En étudiant les reliefs, je remarque que l’eau est plus claire à l’abri des gros cailloux, offrant environ 1,5 mètre de visibilité, ce qui est considérable comparé au reste de la zone. J’exploite ces rares fenêtres et parviens à ajouter :
- deux badèches,
- deux poissons jaunes,
- un platax.
Cette gestion fine de la zone, dans des conditions extrêmes, me permet finalement de terminer premier de la première journée.
Deuxième journée
La deuxième manche se déroule dans une dynamique totalement différente. Lors du repérage, plusieurs gros robalos de 10 kg avaient été identifiés, et toute ma stratégie reposait sur leur présence. Mais dès les premières descentes, je comprends que les poissons ne sont plus là.
La zone, très fréquentée, s’appauvrit rapidement. Je me retrouve à courir derrière les autres, tentant d’exploiter des secteurs déjà battus, avec une visibilité encore plus dégradée que la veille. Les secteurs repérés ne donnent rien, les pierres semblent vides, et les opportunités sont rares.
Cette deuxième journée se transforme alors en lutte constante pour rester dans la course, mais sans jamais réussir à retrouver le rendement ou les prises nécessaires pour confirmer mon avance.
Résultats
- 10ᵉ place au classement général individuel
- 3ᵉ place au classement par nations, derrière l’Espagne et Tahiti
Ce podium par nations représente une immense fierté, mettant en lumière la cohésion du groupe France et la capacité collective à performer malgré des conditions extrêmes.

Aurélien et Achilles, le jour 1
Mathieu Gonzalez (remplaçant et médaille de bronze par équipe):
Sélectionné comme remplaçant pour ce championnat du monde, j’ai intégré l’équipe de France avec la volonté d’apporter bien plus qu’un rôle d’appui. Je tenais à mettre à contribution toute mon expérience et à participer activement à la dynamique collective, en plus d’être le pilote et l’aide directe de Stephan Foppolo.
De par mon métier d’instructeur et mon tempérament, j’ai cherché à renforcer la cohésion, à transformer chaque difficulté quotidienne en énergie positive, et à rappeler l’importance du travail mental et collectif à haut niveau. C’est une dimension souvent sous-estimée, sur laquelle on peut toujours progresser.
Lors du premier jour de repérage, on est tombés rapidement sur le poisson et on a assez vite compris comment cela allait se jouer. Les zones de départ ont été très vite choisies, nous permettant ainsi d’affiner le repérage au maximum tout en travaillant d’autres secteurs pour avoir toutes les options possibles, ne laissant ainsi rien au hasard.
Les jours de repérage se sont enchaînés avec beaucoup d’intensité, la météo n’a pas été évidente.
Malgré cela, la bonne humeur était là. C’est une chance extraordinaire d’être ici et de pouvoir rivaliser avec les meilleurs au monde.
La première manche, disputée sur une zone étroite et exigeante, a immédiatement placé les compétiteurs au coude à coude. Chaque poisson comptait énormément.
Le résultat des gars est incroyable : Aurélien termine 1er, Stephan 10e et Quentin 15e, plaçant ainsi la France en tête du classement par nations.
Sur un nuage, nous sommes restés extrêmement concentrés, calmes et lucides sur le travail encore à effectuer. J’ai senti les gars sereins et calmes, pas besoin d’épiloguer sur les objectifs.
Deuxième manche : une compétition totalement différente
La seconde journée offrait des espaces plus vastes et donc des options de pêche plus variées.
Le départ a été compliqué : poissons extrêmement nerveux, malgré le peu de concurrents présents sur notre secteur, la plupart ayant privilégié l’eau plus claire au nord. Nous avions fait un autre choix, assumé et préparé.
Cette approche finit par payer. Après avoir insisté sur le 1er point en vain, on décide de le laisser reposer pour y repasser plus tard. Stephan glisse au bord et, en une heure, enchaîne cinq poissons valables sur un secteur alternatif repéré le dernier jour de repérage.
Un long duel de proximité s’engage ensuite avec Xavi Blanco, l’un des grands favoris de ce mondial. Ce moment me confirme que nous étions dans le bon coup et que Stephan possède pleinement le niveau international, réussissant à lui prendre un beau snook sous le nez.
Plus tard, une tentative sur les points nord nous coûte probablement près d’une heure de temps. C’est peut-être la seule erreur stratégique, mais cette option aurait pu sourire sans ce gros sargo denté décroché.
La fin de manche se joue, comme souvent, à quelques détails. Sur onze poissons présentés, quatre ne passent pas, dont deux à quelques grammes, dont un robalo (snook). Ce poisson aurait clos l’espèce et rapporté de précieux points. Le podium individuel se joue finalement à 3 %.
Stephan, égal à lui-même, prend ça avec beaucoup de philosophie et reste très content de son résultat. Il peut : il a été, comme toujours, extrêmement solide physiquement et mentalement. Il m’a encore une fois impressionné dans ce contexte international.
Une troisième place par équipe bien méritée.
Jusqu’à la dernière minute, le suspense est total pour la troisième place par équipe face à l’Italie. L’annonce du classement libère une immense émotion collective.
Ramener un podium international pour la France est une grande fierté, d’autant plus dans ces conditions et avec une telle densité de niveau.
Ce championnat était mon cinquième déplacement international. Je remercie le staff et l’ensemble de l’équipe de France pour leur confiance.
Je tiens également à saluer tous ceux qui œuvrent pour que notre fédération, la FFPSA, puisse évoluer et exister pleinement sur la scène internationale. Grâce à eux, la France retrouve son rang. Le niveau est là, bien réel. Il reste encore de belles marges de progression, mais les fondations sont solides.
Fier d’avoir contribué à ce résultat, sur l’eau comme en dehors.
Place à la suite.

Mathieu, fier de ses coupes, bravo!

Quentin avec son père Marceau (pilote)